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Tablettes vs liseuses

Tablettes vs liseuses

Parmi tous les débats qu’entraîne l’avènement du numérique, la question du support occupe une place de choix… Quelle forme ? Quelle taille ? Quel surface ? Tablette ou liseuse, liseuse ou tablette ? Lequel de ces objets offrira la meilleure expérience de lecture ? Entre le pour et le contre, tentons ici d’en dresser un petit comparatif…

 

  • Petit aperçu & historique

Cela peut sembler évident, mais il n’est sans doute pas inutile de rappeler l’origine et les particularités de ces deux outils :

 

Après quelques premières tentatives qui se sont révélées prématurées (ceci dès la fin des années 90, avec notamment le Cybook), les liseuses commencent à prendre leur envol en 2007 avec le Kindle d’Amazon (premier grand libraire en ligne, tant par le chiffre d’affaires que la date de création). À sa suite apparaissent notamment le Nook de Barnes & Noble, la nouvelle génération du Cybook, ou encore la gamme d’appareils de la société canadienne Kobo. La particularité de ses terminaux mobiles est de se borner à la lecture d’e-books, en s’appuyant sur un affichage « noir et blanc » dit à « encre électronique » (dont nous verrons plus loin les avantages et inconvénients).

 

Parallèlement, en ce qui concerne les tablettes, il aura également fallu l’impulsion d’un géant économique pour voir enfin éclore le marché de l’informatique itinérant. En l’occurrence Apple, avec – coup sur coup – l’iPhone et l’iPad ! Car il n’est pas absurde de confondre en partie smartphones et tablettes, autant que de voir l’expression d’un même phénomène dans le développement de ces deux outils. L’un comme l’autre sont de véritables ordinateurs multitâches et multimédias, se voyant souvent piloter par un même système d’exploitation (principalement iOS et Android), et s’appuyant dès lors sur un même écosystème d’applications. Leur quasi unique différence se situe au fond dans le format d’écran, sinon aussi dans certaines capacités matériels (et encore, ces deux points tendent à s’amenuiser… Cf. « Phablet »). Nous nous limiterons toutefois ici à parler de la tablette, dont il faut surtout retenir – en comparaison des liseuses – les capacités multifonctions…

 

  • Les chiffres

Sujet qui vient régulièrement alimenter le débat, confortant à tour de rôle les partisans de l’une ou de l’autre option numérique : les ventes ! Ou, pour céder un peu au jargon des économistes, le taux de pénétration des deux produits… Plusieurs études viennent précisément de nous être livrées…

 

iSuppli (division de la société IHS, chargée de recherches et conseils stratégiques dans le domaine des médias numériques), nous apprend par exemple qu’il s’est vendu durant l’année 2012 un peu plus de huit millions de liseuses en moins que lors de l’exercice précédent. Le déclin du marché est donc de l’ordre de 36 % ! La même étude se montrant très peu optimiste pour l’avenir, puisque le volume des ventes de liseuses pourrait se montrer en 2016 de deux tiers inférieur au pic record de l’année 2011… Une autre analyse vient toutefois tempérer cette vision relativement sombre, eMarketer (compagnie dédiée à l’étude des tendances numériques) estime en effet qu’un retour à la croissance du marché des liseuses devrait survenir dès cette année 2013, ceci grâce aux ventes en Europe et en Asie. Une relance cependant toute relative, car aucune des prévisions ne projette un retour aux chiffres atteints en 2011… Il apparaît donc que le commerce des liseuses auraient déjà touché ses limites, et que – d’outils de masse – celles-ci ne se révéleraient être que les actrices d’un marché de niche.

 

Tout autre son de cloche du côté des tablettes ! Qui, elles, sans grande surprise en réalité, poursuivent leur insolente progression (précédée d’ailleurs par les smartphones). Leur marché ayant bondi de 66,2 % durant l’année 2012 ! Et l’iPad d’Apple se taille toujours ici la part du lion, puisque celui-ci représente précisément la moitié des tablettes vendues. Samsung se plaçant en deuxième position avec une croissance de 117 % dans les ventes de ses appareils ! Notons aussi qu’Amazon se présente comme un acteur important de ce secteur, lui qui commercialise son Kindle Fire doté d’une surcouche spécifique à son écosystème. Démarche que poursuit également Kobo avec sa « Kobo arc »… Nous voyons donc que même certains des plus célèbres fabricants de liseuses ne sont pas en reste sur le marché florissant des « ardoises multimédias ». Et il ne serait en rien hasardeux d’affirmer que l’informatique se dirige en bonne partie vers le « tout-tablette ». Déjà, d’ailleurs, les ventes de PC classiques marquent un important déclin. Les ordinateurs portables que nous connaissions se transforment en appareils hybrides ; c’est-à-dire en écrans tactiles et itinérants auxquels on adjoint un clavier ou autre accessoire, selon l’utilité du moment. Windows 8, le nouveau système d’exploitation de Microsoft (mieux adapté aux nouvelles pratiques), est aussi un des nombreux exemples de cette mutation en cours… L’heure semble donc, plus que jamais, aux surfaces mobiles, tactiles, et multimédias.

 

  • Leurs atouts & inconvénients

Abordons à présent le point sans doute essentiel : qu’apportent tablettes et liseuses au lecteur ? Quels sont les avantages ou inconvénients concrets de l’une par rapport à l’autre ?… Voyons cela plus en détails…

 

Étant un appareil spécifiquement dédié, nous sommes en droit d’attendre d’une liseuse qu’elle nous offre un confort de lecture des plus optimales. Et en effet, certains de ses avantages apparaissent d’emblée comme cruciaux… La technologie E-ink, tout d’abord, développée par la société du même nom et que l’on pourrait traduire par « encre électronique » (tel qu’évoqué en début d’article) ou « papier numérique » ; C’est-à-dire la capacité qu’a une liseuse d’afficher le texte sans recourir à un quelconque rétro-éclairage (au contraire d’une tablette ou de pratiquement tout écran d’ordinateur), et donc de quasi mimer les pages d’un véritable livre. Ceci est probablement le point capital à l’avantage des liseuses. Car l’œil n’étant pas ébloui par la lumière de l’appareil, celui-ci ne s’en trouvera dès lors guère plus fatigué que pour une lecture traditionnelle… Et autre atout majeur découlant toujours de ce procédé d’affichage : les liseuses sont de très faible consommatrice d’énergie ! Leur autonomie allant en moyenne jusqu’à un mois (voire plus) à raison d’une heure de lecture par jour… Un dernier élément fort positif, pour le compte de ces engins, est le caractère compact et léger qu’ils présentent. Atout non négligeable pour la lecture « mobile » aussi bien que prolongée… Au rang des points faibles, à présent, on peut dire que la liseuse possède les défauts de ses avantages. Si certaines machines de ce type intègrent bien un navigateur web, pour citer un outil devenu standard en informatique, celui-ci ne se montre que sous une forme des plus basiques (servant essentiellement à atteindre le site du constructeur et sa librairie en ligne). La technique d’encre électronique ne permettant de toute manière pas d’afficher des éléments complexes ou multimédias. L’apparition d’une page à la surface de l’écran (y compris celle d’un ebook en cours de lecture) peut se révéler aussi assez lente. Toutes caractéristiques montrant qu’une liseuse est très peu indiquée pour la lecture d’œuvres illustrées, de titres de presse, ou même simplement de livres comportant un grand nombre de notes (réclamant donc une facilité de navigation, à l’intérieur de l’ouvrage et en dehors). Puis parlons encore de la connectivité de ces appareils, souvent des plus faibles (wifi, port usb, et sortie audio parfois absents, etc)… Les liseuses, toute mono-tâches qu’elles sont, peuvent donc apparaître comme des outils limités – bridés – à l’heure même où la technologie et l’informatique n’en finissent plus de nous émerveiller par l’étendue de leurs capacités.

 

En réalité, il serait presque inutile de dresser un même inventaire pour ce qui concerne les tablettes ; car le tableau des qualités et défauts de leurs concurrentes s’y voit comme un portrait en miroir. Néanmoins, quelques précisions ne seront pas superflues. Et procédons ici par ordre inverse, commençons par les principaux inconvénients des « ardoises multimédias »… Celles-ci, ainsi que vous le devinez déjà, ont le désavantage d’être très lumineuses. Ce qui aura tendance à rendre plus ardue la lecture prolongée. Point toutefois contesté par certains, qui ne notent pas – à l’usage – une fatigue beaucoup plus importante de l’œil (en comparaison notamment des liseuses). Il faut ajouter aussi, à la décharge des tablettes, la possibilité de régler le contraste ou de jouer sur les couleurs du texte et du fond de page. La luminosité permettant par ailleurs de lire en un lieu peu ou pas éclairé… Pour revenir aux comparaisons négatives : des outils tels que l’iPad ou la Galaxy Tab sont plus lourds au poignet (aspect qui prend encore une fois toute son importance lors d’un usage prolongé), et leur longévité sans recharge est très largement inférieure à celles des liseuses (même en ne les utilisant que pour la lecture). Mais ici à nouveau, nous pouvons minimiser l’inconvénient de la lourdeur et des dimensions, cela en évoquant la nouvelle gamme des tablettes 7 pouces dont l’iPad mini est un récent et très emblématique représentant (avec entre autres les Kindle Fire et Kobo arc)… Concernant maintenant les avantages des tablettes, affirmons tout de suite qu’ils sont très nombreux, allant bien au-delà de la seule question du livre dématérialisé. Les machines en question étant d’authentiques ordinateurs (instruments presque à tout faire et supports à tout produit culturel)… En comparaison des liseuses, les tablettes gagnent haut la main le duel de la navigabilité ; que ce soit à l’intérieur du livre lui-même, au sein de sa bibliothèque numérique, ou d’une application à l’autre. Et sur ce dernier point – c’est-à-dire le caractère multifonction – s’il peut certes être vu comme une source de distraction défavorable à l’œuvre littéraire, nous devons aussi relever l’incomparable richesse offerte à l’utilisateur. Car posséder un appareil sous iOS (Apple) ou Android (et dans une moindre mesure « BlackBerry OS »), c’est avoir accès à un très large écosystème de logiciels, en ce compris ceux destinés à la lecture. Chacun pourra donc y choisir l’outil qui lui conviendra le mieux. De telle sorte qu’il est tout à fait possible – par exemple – de s’affranchir du format mobi d’Amazon sur la propre tablette de ce dernier, ceci en recourant à une application autre que celle proposée par défaut… Nous voyons donc combien les tablettes peuvent offrir une très large latitude aux lecteurs (même si tout n’y est pas toujours rose, notamment en termes de verrouillage au profit d’une seule et même enseigne. Cf. Apple, Amazon,…). Et c’est aussi sur ces machines technologiquement avancées que devraient s’épanouir les plus grandes innovations numérico-littéraires : à savoir le livre enrichi, le livre-application, le livre animé,… C’est la tablette, plus que probablement, qui révolutionnera les manières de lire.

 

  • Conclusion

Au fond, de la liseuse ou de la tablette, nous ne sommes pas loin de voir deux modèles en opposition. Celui qui préconiserait un outil spécifique à chaque tâche, puis celui recherchant la solution du « tout en un ». Et précisément, nous nous dirigeons de plus en plus vers des systèmes informatiques « tout intégrés », « tout reliés » : le smartphone, la tablette, l’écran de télévision pourraient être autant d’ordinateurs interconnectés, possédant sans doute la même interface et les mêmes capacités… Mais ne nous aventurons pas trop à prédire le monde de demain, tant l’exercice est périlleux. Tout comme il faut se garder de tirer des conclusions hâtives sur les chiffres de vente mentionnés plus haut, lesquels semblent condamner les liseuses. Un sursaut de ces dernières serait toujours possible. Une innovation technologique étant encore susceptible de changer la donne, nous entendons d’ailleurs parler de liseuses couleurs, flexibles, ou même de modèles hybrides. Peut-être aussi qu’une jonction entre celles-ci et la tablette finira par se réaliser. Puis précisons enfin que les deux outils ne se trouvent pas nécessairement en compétition, quelque-uns y verront à juste titre une certaine complémentarité et les utiliseront conjointement… Cela étant, à juger la situation actuelle, il apparaît assez clairement que la liseuse est et restera un terminal pour public plus averti. Celle-ci se voyant surtout acquise par les très gros lecteurs. Tandis que la plus large partie de la population s’initie à la lecture numérique par le biais des tablettes. Il y a même fort à parier que les plus jeunes générations et celles à venir apprennent et apprendront la lecture par ce seul moyen…

 
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Publié par le juillet 21, 2014 dans Article

 

Le magazine sur Kindle !

Le magazine sur Kindle !

Certains me l’avaient réclamé à grands cris, et je leur avais promis de me pencher sur la question… Comme je suis homme de parole et n’aime pas faire les choses à moitié (et vantard avec ça !), j’ai voulu attendre de pouvoir garantir aux lecteurs un fichier de qualité. Voilà qui me semble maintenant acquis ! Détenteurs de Kindle, je vous souhaite donc une excellente lecture ! ;)

→Numéritérature Magazine N°1.mobi←

→Numéritérature Magazine N°2.mobi←

→Numéritérature Magazine N°3.mobi←

→Numéritérature Magazine N°4.mobi←

Pour plus d’information sur ce que renferme chaque numéro, je vous invite à consulter la page magazine (qui reprend le sommaire de chacun). Et n’hésitez pas, du reste, à m’adresser vos remarques sur ledit contenu ou encore à propos d’éventuels défauts de conception…

Enfin, même si j’offrirai dorénavant les deux types de fichier, Je tiens à redire que l’ePub reste pour moi le format de référence, que ce soit pour mon magazine ou la lecture numérique en général. En tant que standard ouvert, c’est lui que j’encourage autant que possible à privilégier (il est d’ailleurs le plus répandu et le mieux soutenu des conteneurs dédiés à la lecture)… Sur ce, je m’en vais vous concocter le 5e numéro du magazine. À bientôt ! ;)

 
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Publié par le novembre 30, 2012 dans Brève

 

Parole d’auto-édité : Chris Simon !*

Parole d’auto-édité : Chris Simon !*

*L’interview suivante est parue dans le Numéritérature Magazine n°4, que vous pouvez téléchargez ici !

Auteure d’un appel aux auto-édités et collaboratrice qu’on peut dire régulière du Numéritérature Magazine, Chris Simon vient de publier en numérique le recueil de nouvelles « Le baiser de la mouche ». Y étant à nouveau sa propre éditrice, après avoir déjà auto-publié « La couleur de l’œil de Dieu », je lui ai logiquement proposé de se plier elle-même à l’exercice du témoignage sur l’auto-édition…

Ma première question sera un peu directe : pourquoi s’auto-éditer ?

C’est un hasard ! J’ai rencontré un auteur anglais, Nick Alexander, qui était en train de vivre un succès d’auto-édition… Je venais quelques jours plus tôt de signer un contrat avec un éditeur en France pour la première version du « baiser de la mouche », alors j’ai rassemblé des nouvelles (dont certaines publiées en revues) et j’ai créé le recueil « La Couleur de l’œil de Dieu » pour tenter l’aventure. Je me sentais un peu débordée par toutes les étapes de la conception, surtout techniquement. Cet ami m’a fait la couverture et le formatage de la première version. Évidemment, par enthousiasme, je m’étais un peu précipitée, et il y avait des coquilles. J’ai dû refaire le formatage quelques mois plus tard. Et j’ai donc dû apprendre à le faire.

Toi qui as ainsi une certaine expérience en la matière, quelles sont les avantages à s’auto-publier ?

Le plus grand avantage est la liberté que tu ressens ! Plus besoin d’attendre une réponse positive ou négative… Tu tentes ta chance et cela ne dépend plus que du livre et des lecteurs. C’est énorme ! L’auto-édition m’a fait mûrir en tant qu’auteure et personne… Je m’assume mieux.

Sur ce point, quel bilan retires-tu de ton précédent ouvrage : « La couleur de l’œil de Dieu » ?

La couleur de l’œil de Dieu a un bilan très positif. J’avais pris le parti de le mettre gratuitement sur iTunes (Amazon.fr n’existait pas encore) tant que je ne faisais pas 50 téléchargements par jour ! Et je ne les ai jamais faits ! Il est donc aujourd’hui toujours gratuit et j’ai dépassé les 2000 téléchargements (pour seulement Amazon et iBookStore combinés) ! Et j’en ai vendu une vingtaine, car la gratuité n’est pas forcément contrôlable sur Amazon ou sur les autres plateformes. J’ai eu surtout beaucoup de retours et commentaire positifs de lecteurs que je ne connaissais pas !

Et pour le nouvel eBook, as-tu assumé sa conception toute seule ?

Oui, maintenant je fais tout moi-même ! J’ai un Mac, donc pour numériser c’est très facile, Apple fournit un logiciel – Pages – qui est très simple à utiliser et fait un epub de bonne qualité (si on prend soin de passer le texte au préalable en format htm). Il y a un certain plaisir à réaliser chaque étape de son livre ! Mais je le dis franchement : dès que j’en aurai les moyens, je ferai faire le travail par des gens plus qualifiés que moi, car ça prend parfois beaucoup de temps ! Pour la version Amazon du Baiser de la mouche, j’ai d’ailleurs fait appel aux services de LEC Digital Books, car en passant du format epub au format Mobi, je perdais ma table des matières. Je le recommande, il fait du bon travail et rapidement !

Et donc même la couverture est de toi ?

Là-dessus, je me suis bien amusée ! Je n’ai pas essayé d’imiter une couverture pro, j’en ai plutôt fait une qui me plaisait et qui soit lisible en format timbre (en me disant que si elle me plaisait, elle pourrait plaire à d’autres). Il ne faut pas oublier cet aspect du livre numérique, les lecteurs voient le plus souvent votre livre à la taille d’un timbre, cela implique une nouvelle esthétique et je crois que dans ce domaine, il y a tout à faire… J’espère un jour avoir les moyens d’embaucher un designer et faire vraiment un truc créatif et efficace ! La couverture fait vendre ! C’est le premier contact avec le lecteur.

Justement, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’auto-édition ?

D’abord : Écrire ! Et ensuite se pencher sur la numérisation de ce que l’on a écrit ! Construire un site et/ou un blog (encore écrire !), être sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook, Pinterest, etc. Puis communiquer, communiquer… Et toujours écrire ! Tous les jours et sur tous les supports !

Parlant d’écrire, ne passons pas à côté de l’essentiel : peux-tu nous en faire découvrir un peu plus sur « Le baiser de la mouche » ?

C’est un recueil de nouvelles très atypique, et j’en suis consciente ! Les nouvelles ont en commun de commencer dans un monde qui semble correspondre à ce que l’on appelle communément la réalité… Mais comme cette réalité n’existe pas, ça dérape vite ! En fait le réel est pour moi ce que nous vivons vu de l’intérieur. Et en littérature, ça s’appelle le fantastique !

Mais encore ? Qu’est-ce qui explique ce titre étrange « Le baiser de la mouche » ?

Eh bien… Depuis que j’ai écrit ce livre, je n’ai non seulement plus le même regard sur les mouches, mais je n’en ai pas écrasé une seule ! Elles ont gagné mon respect et mon attention et j’espère avoir gagné le leur !…

D’accord, d’accord… Prenons les choses sous un autre angle : quelle a été ta source d’inspiration ?

La ville, les grandes villes m’inspirent ! Je suis une urbaine ! J’ai écrit les nouvelles de ce recueil sur 4 à 5 ans, et comme j’ai déménagé dans cette période de New York à Paris… Par ailleurs, je suis convaincue que la littérature peut changer la vision du monde à la fois de celui qui lit et de celui qui écrit. C’est pourquoi j’ai beaucoup d’admiration pour les auteurs et les lecteurs.

J’imagine qu’une des difficultés de l’auto-édité est de parvenir à se faire connaître du public, non ?

Je crois que c’est difficile pour tout auteur d’un premier livre de faire connaître son travail qu’il ait un éditeur ou pas. En avoir un peut faciliter la tâche, parce que l’on bénéficie de la crédibilité que l’éditeur a gagné sur des années de travail. En tant qu’auto-édité, mes moyens sont petits, je communique avec mon blog, je contacte les blogueurs et blogueuses pour leur proposer mon livre, j’utilise les réseaux sociaux sur lesquels j’embête mes amis et proches, je leur demande de ne pas m’en vouloir !, et je fais confiance aux lecteurs !

Mais n’es-tu pas confrontée à certains préjugés sur le fait d’être une « auto-éditée » ?

Le numérique apporte un autre état d’esprit sur la lecture. Les lecteurs qui sont déjà en numérique sont très curieux, ils ont envie de découvrir de nouveaux auteurs, de faire leur propre choix. Ils sont plus autonomes et se sentent libres de lire les livres ou les blogs qui leur plaisent ! Je ne m’occupe pas trop des préjugés, je préfère me soucier de mon travail et offrir la meilleure qualité possible aux lecteurs.

Est-ce à dire que l’image de l’auto-édition a changé ?

Oui, les mentalités évoluent avec la globalisation ! Il y a eu la démocratisation de la lecture et maintenant on assiste à la démocratisation de l’écriture ! L’auto-publication est d’abord un modèle économique avant d’être un modèle idéologique. C’est le lecteur qui en voit le premier les avantages : des livres moins chers et pas obligatoirement de moins bonne qualité ! Le livre de poche n’était pas un livre de qualité comparé à la 1ere édition, mais les lecteurs l’ont adopté, car il était plus pratique et moins cher. C’est aussi le cas du livre numérique ! Si tout le monde lit et écrit alors les frontières bougent, le paysage littéraire se re-dessine…

Quel serait alors la place de l’éditeur, dans cet environnement nouveau ? Quel rôle peut-il – ou doit-il – encore jouer ?

Ça n’a jamais été facile pour certains éditeurs et cela ne le sera pas plus avec le numérique, je suis pour la diversité des modèles. Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde et que dans le futur les nouveaux supports et ceux existants pourraient devenir complémentaires. Les auto-édités sont en train de gagner un lectorat, on pourra continuer de nier l’auteur et son lectorat, ce qui me semble absurde ou bien juste reconnaître que le phénomène existe et que des livres peuvent trouver leurs lecteurs grâce aux plate-formes numériques. C’est ce qui est en train de se passer dans le monde anglophone et ça n’offense personne !

Et peut-on imaginer que l’auto-publication – numérique aidant – devienne un jour la norme ?

À mon avis, il est bien trop tôt pour prédire quoi que ce soit ! On peut juste regretter que l’Europe ait pris le train du numérique très très tard ! Ça aura des conséquences non seulement économiques mais linguistiques énormes pour les langues et les cultures européennes !

Mais quel est ton souhait pour l’avenir ?

Personnellement, j’aurais aimé rencontrer l’éditeur de ma vie, mais honnêtement ce conte de fée ne m’est pas arrivé, alors forcement le numérique c’est un peu le crapaud qui se transforme, non ? Je me sens à ma place dans le numérique, vraiment chez moi, et j’y développe aussi des projets collectifs. Car le numérique, ce n’est pas que le « ebook » ! De nouvelles formes littéraires sont en train de naître de cette nouvelle technologie, on peut déjà le constater sur de nombreux blogs d’auteurs et de sites comme le Tiers-Livre de François Bon, La Cause Littéraire, CadavreOmonExquis de Jo Bo, ou les recueils collectifs de la collection « Les dix… » chez Edicool. Pour n’en citer que quelques-uns !

Je te remercie beaucoup de m’avoir accordé cet entretien et te souhaite la plus grande réussite ! ;-)

 
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Publié par le novembre 14, 2012 dans Entretien

 

Rentrée numérique (édito du Numéritérature Magazine 4)*

*Le texte suivant est issu du Numéritérature Magazine n°4, que vous pouvez téléchargez ici !

Vous me direz qu’elle est un peu tardive, cette rentrée. Certes… Mais pour ma défense, je prétexterai que le temps numérique n’est pas celui de l’ancien monde. Il n’y a plus de « temps », ou plutôt il y a « tout le temps », dans l’ère virtuelle. Chaque publication numérique jouit d’une certaine intemporalité ; l’âge n’aura guère de prise sur elle, son « stock » – inexistant, en réalité – jamais ne s’épuisera, et point de pilon pour les ebooks. Même la date de sortie d’un livre électronique importe peu. Car celui-ci est toujours susceptible d’être renouvelé. Et c’est l’affaire d’une seconde, d’un clic, sans même que le titre en question ne se voit retiré des « étales » de téléchargement… Une coquille ? Modifié ! Un addendum ? Ajouté ! Une hésitation ? Repenti !… Il n’y a ainsi plus d’éditions successives, en numérique. Tout au plus des mises à jour, mais transparentes. C’est une forme de permanence de la numéricité. Et on pourrait aussi parler de « viralité ». Car de même que la diffusion électronique est infinie dans le temps, elle est infinie dans l’espace. Et tout ce qui a été mis sur la toile ne peut pratiquement plus en être retiré. C’est la fameuse immortalité du Réseau, dont le moindre élément est une sorte de Phoenix toujours susceptible de renaître de ses pixels… Une pérennité, soit dit en passant, qui sera d’autant plus forte si l’ebook n’a pas été stupidement verrouillé par des DRM ou encore enfermé dans un format obscur…

Au rang des métiers ou pratiques menacés par l’informatisation, on pourrait donc aussi placer la bibliophilie… Je m’étais d’ailleurs posé la question, peu après la sortie du numéro précédent : une œuvre numérique pourrait-elle être collectionnée ? Les premières parutions du Numéritérature Magazine, par exemple, ne sont aujourd’hui plus guère les mêmes qu’au moment de leur mise en ligne. Elles n’ont plus la même couverture, certaines erreurs qu’elles contenaient ont été corrigées, etc. On pourrait ainsi dire de ces versions qu’elles sont « collectors », si tant est que cela est du sens pour ce qui concerne des fichiers informatiques. Il serait peut-être intéressant de mentionner d’une façon ou l’autre les modifications apportées, soit dans le nom de l’ePub (Numeriterature_Magazine_N1_v3), soit plus discrètement dans les méta-données, soit encore en une page dédiée de la publication (qui reprendrait dans le détail l’historique des changements)… Quoiqu’il puisse en être, je lance un avis aux premiers lecteurs de ce quatrième numéro : soyez bien attentifs, conservez précieusement votre « exemplaire », car il se pourrait que vous discerniez des éléments qui ne s’y trouveront bientôt plus. Et s’il s’agit de coquilles gRoSsières, d’hideuses phôtes d’ortaugrafes, j’espère que vous ne manquerez pas de m’en aviser !

Tout ça pour dire qu’il ne saurait y avoir de rentrée littéraire numérique, en tout cas pas à l’instar de ce qui se déroule dans le monde du papier. Et concernant ce magazine, en format ePub, que peut et doit-il être ? C’est toujours une question. Une revue électronique se devrait-elle d’avoir une périodicité clairement établie ? Certes, Numéritérature Magazine est un mensuel. Mais doit-il paraître au début, au milieu, à la fin du mois ? Ce point est-il d’ailleurs pertinent, en numérique ? Car il n’y a pas ici à se rendre au kiosque du coin pour demander fébrilement si le dernier numéro est déjà sorti. Ni même à savoir s’il reste des exemplaires disponibles. Toute personne, pour autant qu’elle soit connectée et porte un peu d’intérêt à notre projet, saura en temps et en heure que le Numéritérature nouveau est arrivé… Bien sûr, cela ne doit pas nous dispenser d’être professionnels et sérieux. Mais l’édition numérique – Numéritérature Magazine y compris – se trouve encore, si j’ose dire, en chantier. Édifice, d’ailleurs, que de plus en plus de monde vient observer, voire admirer. Et auquel un nombre tout aussi grandissant de personnes contribue.

Je suis ainsi très heureux de voir sans cesse progresser le nombre de téléchargements du magazine (allant même du simple au double entre le n° 2 et le 3 !). Aussi, pour cette quatrième itération, j’ai la joie de vous dire que nous n’avons jamais été autant à œuvrer pour votre bon plaisir. En effet, j’ai pu réunir ici pas moins de dix contributeurs ! Et laissez-moi d’ailleurs vous faire un petit tour du « propriétaire » :

• Rentrée oblige, et alors que nous avons entre autre vu apparaître récemment la déjà fameuse BicTab (tablette conçue par la marque Bic, et spécifiquement destinée au milieu scolaire), il m’est apparu important d’investiguer un peu la question du numérique à l’école. Ainsi, Laurence Bee, dans un amusant mais néanmoins pertinent billet d’humeur, s’interroge : « c’est pour quand la rentrée numérique ? » Partant du constat que l’école ne s’est malheureusement pas encore mise à l’heure de la dématérialisation. Et verdict assez semblable de la part de Pascal Balancier, spécialiste en e-learning auprès de l’Agence Wallonne des Télécommunications, qui s’intéresse plus particulièrement aux manuels scolaires numériques et à leur contenu. Tous deux proposent donc un petit état des lieux et nous offrent des pistes d’avenir, tant la question de l’école numérique reste aujourd’hui totalement ouverte.

• Le dossier du mois est consacré à l’auto-édition, ou plutôt aux auto-édités, a qui nous donnons la parole (car qui mieux qu’eux pour nous en apprendre sur le sujet). Et si le phénomène n’est certes pas apparu avec le numérique, il a pris avec celui-ci une tout autre envergure. Ce thème a donc pleinement sa place dans le présent magazine, où nous tenterons de l’aborder sans préjugés ni tabous. Ainsi, Chris Simon a lancé un appel à témoignages aux auteurs auto-publiés, et nous livre le premier entretien qui en a résulté. Cela non sans que je la soumette à pareil exercice, elle qui se trouve également concernée par la question…

• Sans affectionner particulièrement les sempiternels « conflits » papier/numérique – dont je comprends qu’il peut en agacer plus d’un – j’ai tout de même voulu rendre ici ce qu’a été l’un des grands débats du mois de septembre, je veux parler de celui susciter par le fameux « Appel des 451 ». Lequel mérite d’être lu autant qu’entendu ; à ce titre, vous le retrouverez dans les pages mêmes de ce magazine. Tout autant qu’il sera utile et pertinent de lire les nombreuses répliques qu’il a pu provoquer, cela sous la plume de certaines figures du monde de l’édition numérique : Jeff Balek (En réaction aux arguments des « anti-numériques »), Jean-Louis Michel (« Attention, ce que vous allez lire n’est pas un gag… »), Thomas Galley (L’Appel des 451 ou le besoin de taper de celui qui a peur), Jean-Basile Boutak (Et si on tendait la main aux 451 ?). Une intéressante réponse en a également été donné par Lorenzo Soccavo (“Appel des 451”, mais combien sont-ils à freiner dans le virage ?), que vous retrouverez dans ses célèbres réflexions hebdomadaires sur la lecture en notre temps (cinq semaines de doutes et de lutte…).

• Ne manquez pas non plus dans ce numéro une brève mais néanmoins intéressante interview de Marie Potvin (laquelle n’est plus à présenter). On doit l’entretien à Rachel Graveline, que je suis heureux de voir à nouveau participer à l’élaboration de ce magazine. Elle m’a d’ailleurs aidé à concevoir la Sélection du mois, nouvelle rubrique où vous retrouverez une présentation d’un certains nombres d’ebooks méritant d’être mis en avant. Vous découvrirez notamment parmi eux un titre des éditions de L’Aurore, jeune acteur numérique que je vous offre de découvrir plus en détails…

• Tout numéro du Numéritérature Magazine ne pourrait être complet sans vous offrir une œuvre en cadeau. Et vous serez cette fois-ci doublement chanceux, puisque de bonus vous en aurez deux ! Oui, vous avez bien lu, pas moins de deux nouvelles : « Complexe d’Œdipe » et « Cauchemar » ! Celles-ci sont signées par une charmante personne qui se fait connaître sous le nom de Morgause… Et si vous êtes intrigués par ce pseudonyme, vous n’avez encore rien vu ! Car plane sur ses textes un climat révuls-émoustillant, parfois glauque, et mystérieux… Oui, mystérieux…

• Enfin, sur l’aspect technique de cet ebook – puisque j’aime parler de mon magazine comme d’un logiciel informatique – vous devriez voir une certaine amélioration de la « mise en page ». En fait, un plus grand soin apporté à l’aspect typographique. Car n’exagérons rien, les limitations du format ePub, et la nécessité de garder suffisamment « inter-opérable » ce magazine (c’est-à-dire lisible et cohérent quel que soit le support ou l’application de lecture), m’ont empêché d’aller aussi loin que je l’aurais voulu. En tout cas pour l’instant…

Une autre chose est que j’ai voulu privilégier autant que possible les liens internes au magazine, réduisant ainsi au strict nécessaire ceux renvoyant vers internet. Dans cette optique, il m’est apparu essentiel de clairement distinguer les premiers des seconds. Vous pourrez donc reconnaître les redirections vers la grande Toile en ce qu’elles sont uniquement représentées et accessibles par le mot « web », en exposant.

Ceci me semble d’autant plus important que j’inaugure dans ce numéro un système de « tags » internes (par exemple : entretien, article, billet d’opinion). De même que vous verrez certaines innovations dans le répertoire des sorties numériques (lequel pourra être consulté par éditeur ou encore par échelle de prix…). Vous trouverez donc de quoi vous balader – et peut-être vous perdre, quoique – dans les méandres de ce magazine !

Sur ce dernier thème, je me rappelle de cette phrase extrêmement pertinente issue d’un entretien avec les responsables d’Édicool : « Qu’est-ce qu’un eBook ? Rien de plus qu’un site internet embarqué ». C’est très vrai ! Et un livrel, davantage que de se faire une sorte d’excroissance du net, doit savoir aussi tisser son propre réseau, en lui-même. Développer l’intraconnexion et toutes ses possibilités, avant de songer au « livre connecté ». Comme un mini-web distinct du Web… Car une vertu du livre ou de la liseuse, c’est-à-dire de l’objet-lire, est justement de détacher la lecture de toute distraction, et détacher le lecteur de son environnement immédiat…

Sur ce : recevez mes salutations numériques et bonne lecture ! ;-)

 
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Publié par le novembre 11, 2012 dans Article

 

À télécharger… Numéritérature Magazine N°4 !

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J’y ai mis le temps mais le voici enfin ! Et il valait bien la peine d’attendre un peu, tant ce quatrième numéro me paraît plus riche et innovant que jamais… À vous de juger, d’ailleurs ! Téléchargez-le donc gratuitement :

→Numéritérature Magazine [N°4].epub←

Pour lever un coin du voile, j’y ai réuni un nombre inégalé de collaborateurs ! Nous sommes en effet pas moins de onze personnes à avoir œuvré pour vous rendre ce numéro le plus pertinent possible. Outre Chris Simon, Rachel Graveline et Lorenzo Soccavo — qui furent déjà de l’aventure lors de la publication précédente — vous retrouverez aussi cette fois Jeff Balek, Jean-Louis Michel, Thomas Galley, Jean-Basile Boutak, Laurence Bee, et Pascal Balancier ! Excusez du peu ;)

Je ne pourrais oublier de mentionner aussi Morgause, qui nous fait le privilège d’être l’auteure bonus du mois ! Elle nous offre d’ailleurs deux nouvelles : « Complexe d’Œdipe » et « Cauchemar » ! J’encourage à les lire sans plus attendre, car vous verrez qu’elles sont particulièrement étonnantes…

Enfin, ce que je peux dire pour vous mettre encore l’eau à la bouche, c’est qu’apparaît dans ce numéro une nouvelle rubrique : la Sélection du mois (qui, comme son titre l’indique, met en avant quelques ebooks à ne pas rater). En termes d’articles, nous proposons un dossier sur l’auto-édition (où les auto-édités ont la parole), nous reprenons le fameux débat autour de « L’appel des 451″, nous abordons la question du numérique à l’école, nous interviewons Marie Potvin, et bien plus encore ! ;) À noter que le Répertoire des sorties innove, vous offrant de consulter les parutions en vrac, par éditeur, ou… par ordre de prix… ;)

 
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Publié par le octobre 22, 2012 dans Article, Brève

 

Que L’Aurore numérique soit !

Que L’Aurore numérique soit !

Je vous avais parlé précédemment de l’arrivée d’un nouvel acteur dans le domaine du livre digital, à savoir les éditions de L’Aurore. Eh bien voici le moment de présenter plus largement cette jeune structure et ses activités ! D’autant que j’ai eu le grand plaisir d’assister à une conférence donnée par celle-ci sous les « ors » du Palais des Académies, à Bruxelles… Palais-Académie-Numérique, tout cela n’est-il pas antinomique ? Que nenni ! Et je vous en donne la preuve…

Présentation rapide :
|Directeur : Laurent Kinet
|Responsable éditorial : Julien de Marchin
|Implantation : Liège, Belgique
|Réseaux sociaux : FacebookTwitter
|Site web :
www.laurore.net

L’Aurore est avant tout un éditeur numérique à l’orientation résolument contemporaine. Son catalogue se divise en quatre grandes collections : « Littérature générale”, « Essais & Business”, « Événements”, « Hors Champ”. Et parmi ces catégories pleines de promesses, deux titres nous sont d’ores et déjà proposés :

« Le Printemps Wallon (et Bruxellois), un ouvrage qui donne la parole aux présidents des principaux partis politiques belges. Ceux-ci répondant aux questions des citoyens sur les grands « enjeux sociaux et sociétaux contemporains ». (Je rappelle que la Belgique, en ce début octobre, est à la veille d’un rendez-vous électoral.)

« The Herman Show, une œuvre de fiction mettant en scène des personnages réels. En l’occurrence (et notamment) : Marc Herman, célèbre humoriste belge, dont les « trois décennies de carrière servent de support à l’intrigue » (quoi qu’il ne s’agisse nullement d’une biographie, mais bel et bien d’un roman)… J’ai d’ailleurs été surpris de découvrir que Laurent Kinet, directeur de L’Aurore, avait coécrit plusieurs des spectacles du comédien…

Cependant, cette jeune maison d’édition ne se veut pas une militante du « tout numérique”, elle cherche ainsi à investiguer en parallèle le champ de l’impression à la demande. À ce titre, le dernier titre mentionné est également  disponible en version imprimée.

Et à l’instar de la plupart des « pures players », les éditions de L’Aurore se profilent aussi en prestataire de services. C’est-à-dire que la nouvelle entreprise entend proposer son savoir-faire numérique aux propriétaires de contenus (éditeurs traditionnels, auteurs indépendants,…). Que ce soit en matière de consultance, de numérisation, ou encore de diffusion. Et c’est là que l’Académie royale de Belgique entre en scène. Car « l’aurore numérique » a aussi sonné pour cette vénérable institution (semblable à l’Institut de France chez nos voisins hexagonaux) ! Celle-ci se trouve être en effet la première société savante européenne à faire le pari des nouvelles technologies. Les éditions de L’Aurore ont donc reçu l’honneur de présider à la mise en « pixels » des riches publications du Palais des Académies (puisque chaque livre imprimé y aura dorénavant sa version numérique).

Ainsi, pas moins de dix titres sont dès à présent disponibles : « Habiter sur Mars ? » par Véronique Dehant, « Religion et littérature arabe contemporaine, quelques regards critiques » par Xavier Luffin, « Vers une laïcité dynamique, réflexion sur la nature de la pensée religieuse » par François De Smet, « Liberté et libéralisme ? Introduction philosophique à l’humanisme libéral » par Richard Miller, « Le Jardin botanique de Bruxelles - Reflet de la Belgique, enfant de l’Afrique » par Denis Diagre, « Les glaces polaires et le rôle de l’homme sur l’atmosphère, complexité et paradoxes” par Roland Souchez, « L’idéologie du progrès dans la tourmente du postmodernisme, actes de colloque” œuvre collective, « Les Minorités, un défi pour les États, actes de colloque” œuvre collective, « Jean Lemaire de Belges, lettres missives et épîtres dédicatoires » par Anne Schoysman, « Historiographies périphériques, enjeux et rhétorique de l’histoire littéraire en francophonie du Nord (Belgique, Suisse romande, Québec)” par François Provenzano… Voilà donc de quoi s’instruire largement, et en numérique qui plus est !

Pour être tout à fait complet sur ce fructueux partenariat, je tiens à dire que la nouvelle politique éditoriale de l’Académie s’enorgueillit d’un site dédié : academie-editions.be. Et non seulement d’être un portail de vente en ligne (aussi bien de livres imprimés que numériques sans DRM), ce dernier peut aussi offrir un accès privilégié à la lecture en ligne. En effet, tout acquéreur d’ouvrage physique aura la possibilité de consulter librement la version web de celui-ci. En outre, les étudiants des hautes écoles et universités francophones belges bénéficieront dudit privilège en toute gratuité et ce sur le catalogue entier !

Nous pouvons donc voir combien l’édition numérique se conjugue plus que jamais à tous les genres, et que même les plus vieilles institutions académiques s’allient à ce nouveau support. Il est d’ailleurs heureux de constater que la Belgique est bien déterminée à jouer son rôle dans les mutations en cours. Je me félicite ainsi de l’arrivée du nouvel éditeur qu’est L’Aurore, tout comme j’applaudis à l’initiative salutaire de l’Académie royale !

De l’aurore… au zénith ? C’est ce qu’on peut souhaiter tant à cette jeune maison d’édition qu’à la lecture numérique en général !

 
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Publié par le octobre 2, 2012 dans Article

 

Le numérique a besoin de vous !

Le numérique a besoin de vous !

Je ne vous apprendrai rien en affirmant que la jeune édition numérique a besoin de votre soutien. Et la meilleure façon de le lui apporter est bien sûr de lire les œuvres qu’elle propose. Mais l’e-littérature n’en appelle pas seulement au lecteur qui est en vous, elle veut aussi s’adresser au « consommacteur » averti et même à l’auteur… Je relaye donc ici quelques belles occasions d’apporter votre pierre au grand édifice numérique…

- I ♥ EBOOKS, appel à témoignages !

Parlons d’abord de cette très intéressante opération lancée par les éditions ONLIT BOOKS, ceci en partenariat avec la librairie en ligne belge meslivresnumeriques.be. Ces derniers sollicitent donc vos opinions et expériences de la lecture numérique au sens large… Du genre : quelle est votre modèle de liseuse et quel rapport entretenez-vous avec elle ? Comment s’est déroulé votre « première fois » ? Où, quand, et de quelle manière lisez-vous en numérique ? Etc. Et plus qu’un témoignage basique, vous êtes invités à faire preuve de la plus grande créativité : par exemple en écrivant une nouvelle sur le sujet, voire en apportant votre contribution sous forme de photos ou de vidéos,… Il s’agit donc d’une grande enquête à caractère « ludique », qui me rappelle un peu ma propre volonté d’aller à la rencontre des lecteurs (bien que je n’ai pas encore donner de suite à la rubrique en question), et je ne peux bien sûr que vous encourager à apporter votre participation ! D’autant que « chaque contributeur recevra gratuitement une sélection de cinq titres issus du catalogue ONLIT BOOKS”, tandis que l’auteur du meilleur texte remportera lui une liseuse ! Sans oublier non plus que le gros des témoignages se verra publier sous forme de recueil numérique gratuit…

(Cliquez ici ou pour de plus amples informations)

 

- NUMERIKLIVRES, appel à textes !

C’est ici une démarche plus classique, néanmoins je pense qu’elle en ravira plus d’un. Cet éditeur qui nous est bien connu cherche en effet à éveiller l’auteur qui est en vous ! Et non seulement d’espérer pouvoir être publiés, les talents retenus gagneront également une liseuse (Kobo ou Kindle) ! Précision tout de même : sont plutôt recherchés des romans qui ont pour genre la Science-fiction, la Fantasy, le Polar, le Roman noir ou même la Romance

À vos plu… euh… claviers ! ;-)

(Voyez ici la référence complète de cette offre)

 

- Publie.net, ouvrez !

Opération pas si éloignée de la précédente, avec toutefois cette petite touche atypique — et je dirais même « underground » — qui fait la particularité de Publie.net. Le pionnier de l’édition numérique francophone lance effectivement une nouvelle collection, ou plus exactement une collection d’un nouveau genre !… Chaque vendredi sera publié un texte inédit, plutôt bref, au genre libre, techniquement facile à éditer, et proposé à bas prix autant que sous une couverture standard. L’objectif affiché étant de propulser rapidement des œuvres nouvelles, qui ne trouvent pas leur place (de par leur brièveté ou singularité) dans des collections plus « classiques ». « Combien de fois j’ai reçu, et certains mêmes en ligne, des textes — qui peuvent être magnifiquement beaux — écrits d’une bouffée, en une nuit ? » … « auteurs à qui j’ai dit : – Oui, mais c’est un peu court, non ? » Vous voyez l’idée !? Une collection de livres qui semble donc particulièrement indiquée pour vos plus folles expérimentations littéraires… Alors suivez le slogan : « une fiction, un euro, une heure, chaque semaine… « Ouvrez ! »”.

(Trouvez ici des explications plus fournies, et quelques titres déjà parus)

Sur ce… Je conclurai d’un seul mot : œuvrez !

 
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Publié par le septembre 27, 2012 dans Article, Brève

 
 
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